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Oui. Une assemblée générale de copropriété peut modifier ou rétracter une résolution antérieure par un nouveau vote, à condition que la question figure précisément à l’ordre du jour, que la majorité applicable soit respectée et qu’aucun droit acquis ne soit remis en cause. En cas d’irrégularité, seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent demander son annulation judiciaire, dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal. Tant qu’elle n’est ni remplacée ni annulée, la décision s’impose au syndic et aux copropriétaires, même lorsqu’elle est contestée.
Une résolution est votée, puis le dossier change de visage : un devis augmente, une solution technique devient moins pertinente, un contrat révèle une clause gênante ou les copropriétaires découvrent qu’une pièce manquait au moment du vote.
La question arrive alors très vite : peut-on revenir sur une décision prise en assemblée générale ?
Oui, mais on ne procède pas de la même manière selon que la copropriété veut simplement changer de position ou faire sanctionner une irrégularité.
Un nouveau vote permet de remplacer la décision pour l’avenir. Une action devant le tribunal peut, elle, conduire à son annulation.
Avant de choisir, on regarde ce qui s’est passé depuis l’assemblée : le syndic a-t-il signé le contrat, versé un acompte, appelé les fonds ou lancé les travaux ?
Le calendrier décide souvent de la marge de manœuvre.
Syndicalur, votre courtier spécialisé en syndic de copropriété, vous explique comment reprendre le dossier proprement, sans ajouter une seconde erreur à la première.
Une copropriété peut changer d’orientation. La décision initiale n’est pas nécessairement intangible, surtout lorsqu’elle n’a pas encore été exécutée. On doit toutefois organiser un vrai vote, annoncé clairement dans la convocation et soumis à la majorité correspondant au nouveau projet.
On entend parfois qu’une majorité de copropriétaires souhaite « revoir » le dossier. Cette intention ne produit aucun effet tant qu’elle ne débouche pas sur une résolution valablement adoptée.
Pour faire revoter une décision, la question doit figurer à l’ordre du jour. La convocation doit préciser chaque sujet soumis à la délibération. Une formule générale comme « échange sur les travaux » permet de discuter, mais elle ne donne pas forcément à l’assemblée le pouvoir de supprimer ou de remplacer le vote précédent.
Le projet doit annoncer clairement l’opération envisagée :
On rappelle idéalement la date de l’assemblée initiale, le numéro de la résolution et son contenu. Les copropriétaires savent ainsi exactement sur quoi ils se prononcent.
Pour remettre une résolution au vote, on évite aussi de mélanger plusieurs décisions dans un seul bloc. L’abandon du premier projet, le choix du nouveau prestataire et la validation du budget peuvent faire l’objet de votes distincts.
Une résolution claire produit une décision claire.
Cette précision limite les interprétations après la réunion et donne au syndic des instructions directement applicables.
La marge de manœuvre reste large lorsque le vote n’a produit aucun effet concret. Un chantier encore à l’étude peut être abandonné plus facilement qu’un marché déjà signé.
Pour modifier une décision d’assemblée générale, on commence donc par demander au syndic un état exact du dossier :
Un second vote n’efface pas automatiquement les obligations nées du premier.
Prenons un exemple. L’assemblée valide une réfection complète de toiture, puis un diagnostic complémentaire montre qu’une réparation ciblée suffirait. Si aucun marché n’a été conclu, la copropriété peut voter une autre solution avec une liberté assez importante.
Lorsque l’entreprise a déjà reçu l’ordre de service, la situation se tend. Elle peut réclamer le paiement d’études, de fournitures ou d’indemnités prévues par le contrat.
On peut donc revenir sur un vote, mais la copropriété doit intégrer le coût du retour en arrière.
Le même raisonnement vaut lorsqu’une autorisation a déjà été utilisée par un copropriétaire. Le nouveau vote ne remet pas toujours les parties dans leur situation d’origine.
Plus la résolution a été exécutée, plus la correction devient technique, contractuelle et financière.
Le conseil d’Olivier Bourriaud, votre expert Syndicalur
« Avant de convoquer une nouvelle assemblée, demandez au syndic un état écrit des engagements : marché signé, ordre de service envoyé, acompte versé, matériel commandé et appels de fonds encaissés. On a déjà vu une copropriété abandonner une réfection complète des toitures, budgétée à 52 211 euros, au profit de réparations ponctuelles. Le second vote a tenu parce que les travaux n’avaient pas été exécutés, que les appels de fonds avaient été annulés et qu’aucun copropriétaire n’avait acquis de droit particulier. Le bon réflexe, c’est donc de vérifier les actes, pas seulement de regarder si le chantier a commencé. Tant que rien n’est juridiquement verrouillé, on conserve une vraie marge de manœuvre. »
Pour revenir sur une décision prise en assemblée générale lorsqu’une règle n’a pas été respectée, le nouveau vote n’est pas toujours suffisant. On peut avoir besoin d’obtenir l’annulation de la résolution devant le tribunal judiciaire.
Une résolution peut sembler coûteuse, maladroite ou peu avantageuse. Cela ne signifie pas automatiquement qu’un juge l’annulera.
Pour contester une décision d’assemblée générale, on doit généralement identifier une irrégularité dans la préparation, le déroulement ou le calcul du vote.
Les situations les plus fréquentes concernent :
Le délai normal de convocation est d’au moins 21 jours avant l’assemblée, sauf urgence ou délai plus long prévu par le règlement de copropriété. Le non-respect de ce délai peut justifier une demande d’annulation lorsqu’un copropriétaire saisit le tribunal.
Les documents envoyés avec la convocation comptent tout autant. Lorsqu’un vote porte sur des travaux, un contrat ou un marché, les copropriétaires doivent recevoir les éléments exigés pour prendre une décision éclairée.
Pour annuler une résolution, on réunit donc le dossier complet :
Le juge travaille sur des pièces, pas sur une impression générale d’injustice.
Le délai constitue souvent le premier obstacle.
Les copropriétaires opposants ou défaillants disposent de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour introduire leur action. Le syndic doit normalement notifier ce procès-verbal dans le mois suivant l’assemblée.
Le copropriétaire opposant est celui dont le vote va à l’encontre du résultat proclamé. Il a, par exemple, voté contre une résolution finalement adoptée.
Le copropriétaire défaillant était absent et non représenté.
Un copropriétaire qui a voté favorablement ne peut généralement pas attaquer ensuite la décision parce qu’il a simplement changé d’avis.
L’action se déroule devant le tribunal judiciaire du lieu où se situe l’immeuble, avec l’assistance obligatoire d’un avocat. Lorsque le procès-verbal n’a jamais été notifié, le délai de contestation peut atteindre cinq ans.
À savoir
2 mois
C’est le délai normalement laissé au copropriétaire opposant ou défaillant après la notification du procès-verbal.
Il faut conserver :
Pour remettre en cause une décision d’assemblée générale, on n’attend pas la prochaine réunion du conseil syndical. Une fois le délai expiré, la résolution peut devenir définitive, même lorsque l’irrégularité paraît sérieuse.
Le dépôt d’une action en justice ne place pas automatiquement toute la copropriété à l’arrêt. Le syndic reste chargé d’appliquer les décisions adoptées, avec des règles particulières pour certaines catégories de travaux.
Une lettre de protestation n’annule pas le vote. Une demande formulée par le conseil syndical ne suspend pas non plus, à elle seule, la résolution.
Le syndic ne peut pas décider librement d’écarter une décision collective qui n’a pas été annulée. Les décisions du syndicat sont prises par l’assemblée générale et s’imposent dans le fonctionnement de la copropriété.
On doit donc obtenir rapidement des réponses concrètes :
Une résolution encore sur le papier se corrige plus facilement qu’une opération déjà lancée.
Lorsque plusieurs copropriétaires veulent annuler une décision d’assemblée générale, ils doivent coordonner la stratégie juridique avec la gestion pratique du contrat.
On peut saisir le tribunal tout en préparant une nouvelle assemblée. Les deux démarches n’ont pas le même objet : l’une recherche l’annulation juridique, l’autre organise une nouvelle volonté collective.
Le niveau d’urgence dépend notamment du type de décision. Une simple orientation budgétaire ne crée pas les mêmes conséquences immédiates qu’un marché de travaux signé ou qu’une désignation de syndic.
On ne traite jamais la contestation sans vérifier l’exécution.
Pour certains travaux votés en application des articles 25 et 26 de la loi du 10 juillet 1965, le syndic doit attendre l’expiration du délai de contestation de deux mois avant de les exécuter, sauf urgence.
Cette règle ne signifie pas que toutes les décisions sont gelées.
Elle ne signifie pas non plus que le chantier restera automatiquement suspendu jusqu’au jugement définitif. Une procédure peut durer bien au-delà des deux mois prévus pour contester.
L’urgence doit aussi être distinguée du projet complet. Une fuite, un risque de chute ou un problème de sécurité peut justifier des mesures immédiates sans autoriser pour autant toutes les prestations prévues dans le marché initial.
On vérifie alors :
Même lorsqu’une décision a déjà été exécutée, son annulation judiciaire reste possible. La Cour de cassation a rappelé que l’exécution d’une résolution ne fait pas obstacle à son annulation.
La difficulté se déplace alors vers les conséquences : remboursement, régularisation comptable, responsabilité ou traitement des contrats conclus.
Pour annuler une résolution déjà exécutée, on doit donc anticiper l’après-jugement autant que le recours lui-même.
En 2015, une copropriété a voté des travaux de sécurisation et de contrôle des accès aux sous-sols. Problème : plusieurs devis mis en concurrence n’avaient pas été joints à la convocation. Les copropriétaires n’avaient donc pas reçu toutes les conditions essentielles des marchés avant de voter. Les travaux ont pourtant été réalisés.
La cour d’appel avait refusé d’annuler la résolution au motif que son exécution était terminée. La Cour de cassation a censuré ce raisonnement : l’exécution d’une décision d’assemblée générale ne fait pas obstacle à son annulation. Elle a rappelé que les conditions essentielles des contrats et devis doivent être communiquées avec l’ordre du jour lorsque leur approbation est soumise au vote.
Le chantier peut donc être achevé sans que l’irrégularité du vote disparaisse. L’annulation reste possible, mais elle ouvre ensuite un dossier plus complexe : conséquences financières, contrats exécutés et éventuelles restitutions.
Une seconde assemblée doit corriger le dossier, pas reproduire ses fragilités. La nouvelle résolution exige une rédaction précise, des documents cohérents et une majorité correctement identifiée.
Tout copropriétaire peut demander au syndic d’inscrire une question à l’ordre du jour. Le conseil syndical peut également intervenir. La demande doit préciser la question proposée et, lorsque cela est nécessaire, être accompagnée d’un projet de résolution.
Pour modifier une résolution votée, le texte doit reprendre les références de la décision précédente.
Une rédaction solide indique :
Une phrase comme « l’assemblée souhaite revoir les travaux » reste inutilisable. Le syndic ne saura pas ce qu’il doit faire et les copropriétaires ne sauront pas exactement ce qu’ils ont approuvé.
La résolution doit pouvoir être exécutée sans interprétation supplémentaire.
Pour révoquer une décision collective, il faut aussi vérifier que l’assemblée dispose réellement du pouvoir de le faire. Lorsque des droits ont déjà été créés ou qu’un contrat engage la copropriété, la résolution doit traiter ces conséquences.
On peut prévoir plusieurs votes successifs :
Cette séparation rend le résultat plus lisible et sécurise le calcul des voix.
La préparation documentaire compte autant que le texte.
Quand la résolution porte sur un chantier, on joint les devis, diagnostics, plans, descriptifs ou projets de contrat nécessaires. Les documents doivent correspondre au projet réellement proposé, avec un prix identifiable, une durée claire et des prestations compréhensibles.
Un devis expiré ou incomplet fragilise la décision. Un contrat sans modalités de résiliation expose la copropriété à voter sans mesurer l’engagement.
La majorité doit ensuite être déterminée selon l’objet de chaque résolution.
On ne suppose pas que la règle utilisée lors du premier vote sera automatiquement la bonne. La suppression d’un projet, l’adoption de nouveaux travaux, l’autorisation donnée à un copropriétaire ou la modification du règlement peuvent relever de régimes différents.
Chaque vote reçoit sa propre majorité.
Chez Syndicalur, on conseille de contrôler le dossier dans cet ordre :
Le conseil syndical prépare, analyse et contrôle. L’assemblée générale reste l’organe qui décide.
On peut donc revenir sur une décision prise en assemblée générale, mais le bon réflexe consiste à identifier d’abord le problème réel. Le nouveau vote sert à changer la position de la copropriété. L’action judiciaire sert à sanctionner une irrégularité. Entre les deux, ce sont l’exécution de la résolution et les délais de recours qui déterminent la stratégie.