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Le problème, dans un changement de syndic, ce n’est pas le mot « changement », c’est ce qu’il laisse derrière lui.
En effet, la reprise des comptes après un changement de syndic ne démarre pas sur une page blanche, mais sur :
Et, parfois, quelques écritures qui avaient l’air très propres tant que personne ne demandait sur quoi elles reposaient.
Le mot « passation » est pratique, parce qu’il donne l’impression que tout va glisser d’un cabinet à l’autre avec une élégance administrative tout à fait théorique.
En vrai, le cadre est beaucoup plus terre à terre : 15 jours pour la situation de trésorerie et les références bancaires, 1 mois pour les archives et documents dématérialisés, puis 2 mois pour l’état des comptes après apurement et clôture.
Syndicalur, votre courtier en syndic de copropriété qui accompagne les copropriétés dans la mise en concurrence des cabinets et le changement de syndic, vous explique comment cette reprise se joue vraiment.
Quand une copropriété change de syndic, il y a un moment que beaucoup sous-estiment : on pense que le plus délicat, c’était le vote en assemblée.
En réalité, le premier point sensible arrive juste après.
Chez Syndicalur, en tant que courtier en syndic, on voit souvent la même inquiétude remonter au moment de la transition :
→ La copropriété a choisi un nouveau cabinet, mais elle ne sait pas encore comment les comptes vont être repris, ni à quel moment le nouveau syndic aura une vision claire de la trésorerie.
Et sur ce point, les textes sont beaucoup plus concrets qu’on ne l’imagine.
L’article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit un premier délai de 15 jours calendaires après la fin des fonctions de l’ancien syndic. Et dans ce délai, il doit transmettre la situation de trésorerie, les références des comptes bancaires du syndicat et les coordonnées de la banque.
Oui, la reprise des comptes ne commence pas par un grand tri comptable : elle commence par permettre au nouveau syndic de savoir où est l’argent et sur quelle base bancaire il reprend la copropriété.
Vu de loin, on se dit que la reprise des comptes commencera quand tout le dossier aura été transmis : annexes, écritures, justificatifs, balances.
En pratique, non.
Le premier enjeu, c’est beaucoup plus basique :
Ce qui permet au nouveau syndic de ne pas repartir à l’aveugle, avant même d’entrer dans le détail des soldes ou des imputations comptables.
Et c’est précisément pour ça que la loi a isolé ce délai de 15 jours, distinct des autres étapes de transmission.
On parle souvent de coordonnées bancaires, comme si le simple fait d’avoir un compte suffisait.
En pratique, l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 impose plutôt un compte séparé au nom du syndicat pour les fonds courants. Il impose aussi, pour le fonds de travaux, un compte séparé rémunéré.
Et ce même texte précise que ces comptes ne peuvent faire l’objet ni de fusion, ni de compensation avec un autre compte.
Autrement dit, au moment de la reprise, il faut donc que le nouveau syndic retrouve une structure bancaire claire, avec des fonds bien identifiés au nom du syndicat.
Quand une copropriété change de syndic, on entend souvent que l’ancien cabinet doit remettre « les archives ». Donc on imagine qu’une fois le carton ou le dossier numérique transmis, le sujet est réglé.
En pratique, pas du tout.
Chez Syndicalur, on voit souvent ce décalage au moment de la transition : la copropriété pense récupérer un dossier complet, alors que non.
Pour que la reprise des comptes après un changement de syndic soit propre, il ne suffit pas de recevoir des documents. Il faut recevoir des documents exploitables, c’est-à-dire des pièces qui permettent au nouveau syndic de :
La loi est d’ailleurs beaucoup plus précise qu’on ne le croit.
Dans le délai de 1 mois après la fin des fonctions, l’ancien syndic doit transmettre l’ensemble des documents et archives du syndicat, ainsi que, s’il y a lieu, les documents dématérialisés relatifs à la gestion de l’immeuble ou des lots gérés, dans un format téléchargeable et imprimable.
Ce délai de 1 mois ne sert donc pas à « faire plaisir » au nouveau syndic ; il sert à éviter qu’il reprenne la copropriété avec un dossier présent sur le papier, mais inutilisable dans les faits.
Dire qu’il faut transmettre « les archives », c’est vrai, mais ça ne dit rien de la qualité réelle de la reprise.
Pour qu’un nouveau syndic puisse travailler correctement, il lui faut une trame comptable lisible.
L’arrêté du 14 mars 2005 relatif aux comptes du syndicat précise qu’à l’occasion de toute vérification, le syndic tient à disposition le grand livre, le livre journal, les deux balances et, s’il y en a, les journaux auxiliaires.
Sans elles, on récupère des montants. Avec elles, on récupère une comptabilité qu’on peut vraiment reprendre.
N’oublions pas non plus les documents comptables, qui doivent être établis au nom du syndicat, avec l’adresse de l’immeuble et la référence de l’exercice comptable.
Car une pièce mal identifiée, mal datée ou mal rattachée à l’exercice, ça devient vite pénible à exploiter, même si elle existe bien dans le dossier.
L’autre erreur, c’est de croire qu’une balance ou un grand livre suffisent à eux seuls. En réalité, une reprise propre repose aussi sur la qualité des justificatifs.
Le décret du 14 mars 2005 rappelle que les pièces justificatives, qui sont la base de toute écriture comptable, doivent être des originaux, comporter les références du syndicat, être datées et être conservées par le syndic pendant 10 ans, sauf disposition contraire.
Et il ne faut pas réduire le sujet à la seule comptabilité générale.
La reprise des comptes touche aussi la situation de chaque copropriétaire. Les règles comptables de copropriété prévoient notamment un suivi individualisé des créances et des dettes du syndicat vis-à-vis des copropriétaires, ce qui veut dire qu’un dossier vraiment exploitable doit permettre de relire aussi les avances, les appels de fonds, les travaux ou les positions individuelles encore ouvertes.
C’est pour ça qu’en pratique, le vrai tri n’est jamais seulement « documents reçus » ou « documents non reçus ». Le vrai tri, c’est plutôt celui-ci :
Il y a un moment, dans un changement de syndic, où le vernis craque.
Avant ça, on peut encore se raconter que la trésorerie a bougé, que les archives ont suivi, et que, donc forcément, les comptes vont « se reprendre ».
Oui, bien sûr. Et un dossier compressé dans un zip s’appelle aussi une transmission fluide.
Au bout d’un moment, il ne s’agit plus de récupérer des éléments. Il faut récupérer une situation comptable qui tienne debout.
Et la loi dit exactement ça.
→ Après les 15 jours pour la trésorerie et le 1 mois pour les archives, l’ancien syndic doit encore, dans le délai de 2 mois suivant l’expiration du délai d’un mois, remettre au nouveau l’état des comptes des copropriétaires et celui des comptes du syndicat, après apurement et clôture.
Précisons que l’on parle bien de délais calendaires.
Autrement dit, à ce moment-là, on attend donc des comptes arrêtés.
Le mot apurement a un petit côté propre sur lui. Dans la vraie vie, ça veut surtout dire qu’on on arrête de tourner autour du pot.
Ce que l’ancien syndic doit remettre, ce n’est pas une pile de mouvements comptables avec un air entendu, genre « vous verrez bien ». Ce sont bien deux états distincts :
La nuance est énorme.
Parce qu’une copropriété, ce n’est pas juste un solde global qu’on regarde de loin en mode « ça a l’air cohérent ». La reprise des comptes passe aussi par la situation individuelle de chaque copropriétaire.
L’arrêté du 14 mars 2005 est d’ailleurs très utile sur ce point. Il précise que le compte 450 enregistre les créances et, le cas échéant, les dettes du syndicat à l’égard de chacun des copropriétaires, avec un libellé mentionnant le nom du copropriétaire.
Et si l’assemblée générale l’a décidé, ce compte peut être ventilé en quatre sous-comptes :
Là, on parle d’un niveau de détail qui permet de voir ce que recouvre réellement un solde.
À ce stade, un « M. Dupont doit 1 248 € » ne suffit pas : la vraie question, c’est 1 248 € « de quoi, sur quelle base, et sur quel poste ».
Tant qu’on est dans les documents à transmettre, beaucoup de choses peuvent encore rester dans une zone grise.
Une fois qu’il faut produire un état des comptes apuré et clôturé, c’est fini : les avances mal repositionnées, les travaux pas totalement soldés, les répartitions encore bancales et les soldes individuels « pas si nets que ça » commencent à remonter à la surface.
Le décret du 14 mars 2005 rappelle d’ailleurs que l’exercice comptable du syndicat couvre en principe 12 mois. Il prévoit aussi que les comptes de l’exercice clos sont présentés pour approbation avec le budget correspondant et le comparatif de l’exercice précédent.
Et pour les opérations non encore clôturées en fin d’exercice, l’état des travaux doit faire apparaître le réalisé et le prévisionnel de chaque opération.
Autrement dit, quand une opération traîne ou qu’un solde bouge encore, ça se voit beaucoup mieux au moment de l’apurement qu’au moment du simple transfert de dossier.
C’est pour ça que cette étape concentre autant de frottements : parce qu’il oblige enfin à figer une réalité comptable.
Et là, forcément, le compte individuel du copropriétaire doit tenir, le compte du syndicat aussi, et les deux doivent se parler sans acrobatie.
Sinon, on n’est pas dans une reprise des comptes. On est dans un rattrapage.
Quand la reprise bloque, vous n’avez pas un « léger décalage de transmission » : vous avez un ancien syndic qui ne remet pas, dans les temps, ce que le nouveau attend pour reprendre la copropriété sérieusement.
Et le calendrier, lui, est limpide. La loi pose :
Puis 2 mois supplémentaires après ce premier mois pour l’état des comptes des copropriétaires et celui du syndicat après apurement et clôture
Autrement dit, quand ça traîne dès le début, ce n’est pas « un peu long ». C’est déjà hors délai.
L’article 18-2 prévoit un levier très clair : après mise en demeure restée infructueuse, le syndic nouvellement désigné ou le président du conseil syndical peut saisir le président du tribunal judiciaire statuant en référé pour faire ordonner, sous astreinte, la remise des pièces, informations et documents visés par le texte, avec en plus les intérêts provisionnels dus à compter de la mise en demeure.
Là, au moins, on sort du grand classique « nous faisons le nécessaire ».
Il y a aussi un faux prétexte qui revient souvent : les archives seraient chez un prestataire spécialisé, donc la transmission dépendrait désormais d’un tiers.
→ Sauf que la loi a déjà prévu ce cas, et elle dit précisément que l’ancien syndic doit, dans le même délai d’1 mois, informer ce prestataire du changement et lui communiquer les coordonnées du nouveau syndic.
Donc non, « les archives sont chez un tiers » n’est pas une explication, mais plutôt un problème que le texte encadre déjà.
La Cour de cassation rappelle que les archives sont portables par l’ancien syndic, et non quérables par le nouveau.
En français non juridique : le nouveau syndic n’a pas à partir à la chasse au trésor avec un carton sous le bras pour récupérer ses archives.
La transmission doit se faire, point.
Autre confusion qu’on voit circuler partout, souvent avec beaucoup d’assurance : les fameux 15 € par jour de retard.
Oui, ce montant existe bien.
Non, ce n’est pas le bon réflexe à sortir automatiquement dans une reprise entre deux syndics, car on le rattache à un autre cadre : celui de la transmission de documents au conseil syndical.
Dans le sujet qui vous occupe ici, le bon enchaînement, c’est plutôt celui-là :
C’est moins spectaculaire qu’une menace envoyée par mail, mais c’est juridiquement propre. Et surtout beaucoup plus utile.